LE CHARMEUR DE SERPENTS
Le charmeur de serpents est un grand hindou mince,
Un hindou ondoyant élégant comme un prince.
Les mystères d'Asie donnent à ses yeux de lynx
Un charme incandescent et un regard de sphinx.
Sur son éléphant blanc, il porte par une anse
Un panier de serpents qui balance en cadence.
Dans un barrissement lentement il avance,
Au centre de la piste esquisse une révérence.
Au son de son pipeau, c'est l'Inde tout entière
Qui sous le chapiteau est faite prisonnière,
Jaipur et Bombay, New Delhi, Calcutta
Mille vaches sacrées et même le grand Bouddha.
Tous les serpents dressés semblent faire la ola
De Jo le cobra myope à Arthur le boa.
Le public, les gradins, les cordages, le mât,
S'contorsionnent et ondulent comme dans la lambada.
Derrière le rideau rouge, toute la troupe attend.
On se pousse du coude, on s'regarde en pouffant
Car, bientôt, comme toujours arrivera le moment
Des bravos des saluts et des remerciements.
C'est il faut bien le dire l'instant que l'on préfère,
Lorsque l'indien charmeur désignant ses vipères
D'un geste d'empereur déclare digne et fier,
« Merchi pour les cherpents ».
Adieu le fond de teint, adieu le beau turban.
Adieu le maharadjah et son éléphant blanc.
Car le bel hindou mince se nomme Marcel Durand
Et son très fort accent vient de Clermont-Ferrand.
Merci pour les commentaires. Boubou ne doute pas ce sont bien mes textes et si tu veux en savoir plus sur ce que j'ecris va sur le site http://ruedesreveurs.chez.tiscali.fr
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